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Baccalauréat · Série A · Français — 2024
BAC A — Français — Sujet type n° 1
Consignes
- Le candidat traitera UN SEUL des trois sujets proposés, à son choix.
- Aucun document n'est autorisé.
- Le résumé doit respecter la longueur imposée : toute copie s'en écartant de plus de dix pour cent est pénalisée.
- L'orthographe, la syntaxe et la présentation entrent pour une part importante dans la notation.
Épreuve de Français — trois sujets au choix
Sujet 1 — Résumé suivi de discussion
Texte
On oppose volontiers la tradition orale au livre, comme on opposerait le passé à l'avenir. D'un côté, une parole fragile, qui se perd avec celui qui la porte ; de l'autre, une écriture stable, capable de traverser les siècles. L'argument paraît décisif, et il a longtemps servi à justifier le mépris dans lequel on tenait les cultures sans écriture.
Il faut pourtant y regarder de plus près. La parole du griot n'est pas une conversation ordinaire. Elle obéit à des règles strictes de composition, elle se transmet au terme d'un apprentissage de plusieurs années, et le moindre écart est relevé par ceux qui écoutent. Cette mémoire vivante est bien plus rigoureuse qu'on ne l'imagine : elle a conservé des généalogies, des traités, des récits de fondation que nulle archive n'avait consignés.
Surtout, elle possède ce que le livre n'a pas. Le texte écrit est identique pour tous et ne répond jamais. La parole, elle, s'adresse à quelqu'un : elle s'adapte à l'auditoire, elle explique, elle reprend, elle se laisse interrompre. Elle transmet en même temps le savoir et le lien qui unit celui qui parle à celui qui écoute.
L'écriture demeure évidemment irremplaçable : elle seule permet de comparer, de contester, de conserver au-delà des générations. Mais croire qu'elle rend l'oralité inutile serait une erreur. Une école qui ne transmettrait que des livres formerait des lecteurs sans mémoire ; une société qui ne transmettrait que des paroles resterait sans archives. Les deux ne s'excluent pas : elles se complètent, à condition qu'on cesse de les hiérarchiser.
Texte rédigé pour cette épreuve. (environ 300 mots)
- Résumé. Résumez ce texte au quart de sa longueur, soit environ mots. Vous indiquerez le nombre de mots utilisés.
- Discussion. « Une école qui ne transmettrait que des livres formerait des lecteurs sans mémoire. » Discutez cette affirmation en vous appuyant sur votre expérience et vos lectures.
Sujet 2 — Commentaire composé
Texte
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Charles Baudelaire, __Les Fleurs du Mal__, « L'Albatros », 1857.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez notamment montrer comment le récit d'une scène cruelle se transforme en réflexion sur la condition du poète.
Sujet 3 — Dissertation
Un critique affirmait que « le roman ne doit pas montrer le monde tel qu'il est, mais tel qu'il pourrait devenir ». Partagez-vous ce point de vue ? Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur des œuvres précises.
Composition de la copie
• Sujet 1 : rédige le résumé en mots environ, et indique le nombre de mots employés.
• Sujet 2 : dégage deux ou trois axes de lecture du poème, en citant pour chacun un procédé précis relevé dans le texte.
• Sujet 3 : analyse les termes du sujet et formule la problématique.